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 "Pirates : vous voilà prévenus."

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MessageSujet: "Pirates : vous voilà prévenus."   Sam 5 Juin 2010 - 22:30

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Quelques jours après le mariage krityen...

Citation :
Eïldwin Windwaker

Capua Nor dormait paisiblement ce soir là. Une belle nuit étoilée dénudée de tout nuage illuminait le ciel en mettant en valeur la princesse de la nuit qui brillait de son doux éclat au milieu du trône scintillant que formait le firmament. Tous les habitants dormaient déjà, toutes lumières éteintes dans les foyers. Enfin presque tous, car naturellement, les marins ripaillaient à la taverne, prenant un repos bien mérité après leurs sorties en mer, célébrant leurs pêches fructueuses ou étant simplement venus se détendre après une dure journée de labeur.

Quelques patrouilles de gardes marchaient tranquillement dans les rues en discutant distraitement. Capua Nor était une ville tranquille ce soir là. Les vagues venaient titiller les bords du port et l'écume chantait une sorte de berceuse qui offrait des rêves apaisants à ceux qui pouvaient l'entendre...

Une botte en cuir gris vint alors s'abattre sur un ponton de bois près des docks. L'ombre imposante d'une personne bien bâtie s'étendait sous la lueur de la lune...
Sa longue tunique en tissu fin et finement décoré, la grande fourrure autour de son cou, ses armes redoutables attachées dans son dos et à sa ceinture, ses longs cheveux blancs pendant dans son dos, l'impitoyable Eïldwin se dressait ainsi dans la nuit, les bras le long du corps, scrutant les bateaux à quais avec un air impassible, ses lèvres forment un trait droit parfaitement horizontal entre son menton et son nez. Les tatouages sur son visages semblaient briller sous l'éclat lunaire, en particulier le croissant de lune bleu sur son front qui avait une teinte argentée sous cette lumière. De son regard froid il observa avec insistance un navire un peu plus à l'écart que ne l'étaient les autres.
Le Windwaker leva alors son bras, et il pointa son index et son majeur en direction du bateau, abattant sa main dans un mouvement de bas en haut.

Aussitôt, quatre autres silhouettes sortirent aux quatre coins des environs. Tous étaient habillement cachés et dissimulés dans environnement, et au signal donné par leur supérieur ils se lancèrent alors dans une course aussi rapide que silencieuse vers l'esquif indiqué. Lorsque les quatre silhouettes aux cheveux aussi blancs que lui l'eurent dépassé, Eïldwin se lança à leur suite.
Ils couraient sur la pierre des quais comme une feuille glisserait sur le sol portée par le vent. Le bruit de leurs pas ressemblait à un effleurement tandis qu'ils avaient une vitesse vertigineuse. Le groupe arriva trop rapidement vers la cible. Eïldwin fronça son regard en remarquant un mouvement sur le pont du bâtiment.


* Dispersion. *

Instantanément, les 5 Windwaker s'écartèrent en un bond dans diverses directions, semblant disparaître comme des apparitions ou des hallucinations. Un ensemble de caisses offrait un accès discret au pont principal, serpentant le long du navire. Eïldwin envoya ses ordres par télépathie.

* Nous allons les encercler. Formation étoile. Je prend l'entrée "normale".
- Je passe par la proue.
- Je m'occupe de l'arrière.
- On s'occupe de la soute.
- A deux nous les rabattrons rapidement vers le pont principal.
- Ainsi soit-il. Et je ne veux aucuns survivants. *


C'est alors que les quatre patrouilleurs rampèrent comme des vipères vers le bord des quais après avoir rabattu des capuchons sur leurs têtes afin que la couleur trop voyante de leur cheveux ne les trahissent pas. Avec une habilité déconcertante, ils se dirigèrent le long des bord pour glisser lentement dans l'eau dans la discrétion la plus totale avant de nager vers leur destination respective.

Eïldwin ramena alors sa capuche en fourrure sur le haut de son crâne avant de courir comme un guépard vers les caisses. Il se déplaça ensuite de caisse en caisse pour atteindre son objectif : une rampe permettant de monter sur le pont principal qui était prévue à cet effet. Le Capitaine s'arrêta net et attendis alors : il était le dernier à intervenir pour leur tactique fonctionne.

De son côté, le premier patrouilleur s'agrippa au gouvernail et l'escalada. Dans des sauts et des acrobaties étonnantes, il commença à grimper le long de la coque pour finalement remonter vers le haut du bâtiment...
A l'opposé, un autre guerrier montait le long de l'encre à laquelle il avait réussi à s'agripper. Il remontait la chaîne en acier noir qui portait le lourd morceau de métal avec une facilité qui aurait laissé n'importe qui sans voix.
Enfin, sur le flanc opposé à Eïldwin, à la surface de l'eau, les deux derniers guerriers aux cheveux blancs approchèrent de la coque. Ils escaladèrent un peu celle-ci afin de ne plus être gênés par les flots.
Les cinq Windwaker attendaient ainsi à leurs positions : Eïldwin derrière une caisse, prêt à bondir, l'un à l'avant, un autre à l'arrière, et deux sur le côté.


* Prêt.
- Prêt.
- Prêt.
- Prêt.
- Go. *


Les deux Windwaker accrochés sur le flanc du navire plantèrent leurs lames dans le bois de la coque en même temps. Ils tirent sur leurs épées en même temps afin de faire levier sur la planche ciblée et celle-ci se fendit avant de laisser un trou béant vers l'intérieur du navire. Les deux patrouilleurs s'engouffrèrent dans la brèche dans un silence mortel...
Ceux situés aux deux extrémités sautèrent alors sur le pont et se dirigèrent comme des serpents vers les proies potentielles qui étaient alertées par le bruit provoqué par les deux autres Windwaker entrés par la coque en dessous.
Eïldwin observait en silence. Il porta sa main droite sur le manche de son épée géante et la tira délicatement de son dos pour laisser la lame se poser à plat contre le sol. Il redressa un peu la plante de ses pieds pour être prêt à bondir lorsque ce sera à lui de clôturer les festivités.

Il y eut des cris, des bruits d'agonie, puis des hurlements. Enfin, l'alarme fut sonnée et une agitation phénoménale apparue sur le pont. Alors que l'équipage était déjà à moitié décimé par les patrouilleurs et leur attaque surprise, le restant se dressait armes en mains, cherchant leurs ennemis sans comprendre. Il devait être encore une bonne vingtaine.
Eïldwin bondit.

Le Windwaker se rua sur la rampe qu'il franchit en quelques enjambées avant d'arriver face à ses ennemis. Lorsque ces derniers le virent, le plus imposant, qui semblait être le leader du groupe, cria :

- Massacrez-le !

Trois hommes se jetèrent vers Eïldwin en hurlant bestialement. Le Windwaker pivota d'un tour complet et fendant l'air autour de lui de sa large épée. Au passage, il brisa en morceaux l'arme d'un de ses agresseurs alors qu'il détacha la tête de chacun d'entre eux de leurs torses.
Voyant cela, les autres furent plus hésitant et tous reculèrent d'effroi en reconnaissant la mythique chevelure des tueurs sanguinaires du clan du vent maudit. Un poignard siffla alors avant de venir s'encastrer dans l'orbite d'un des humain, lui ôtant la vie. Une hache de lancer vint alors couper les chevilles d'un autre homme qui se retrouva à ramper au sol en hurlant de douleur pendant à peine une seconde avant qu'un autre poignard vint lui transpercer le haut du crâne de part en part.
Les survivants purent alors admirer autour d'eux que quatre autres krityens aux cheveux blancs étaient apparus. La réputation des têtes blanches les précédaient...


- Les Windwaker ! Fuyez si vous tenez à la vie !

Mais le cercle des cinq têtes blanches était déjà trop resserré pour leur offrir la moindre possibilité de fuite. Les krityens marchèrent lentement vers leurs cibles comme des bourreaux robotiques et sans pitié. Le petit groupe d'humains se retrouva collé, tels des esclaves enchaînés. Leurs yeux se pétrifièrent d'effroi alors qu'Eïldwin leva son épée.

Le massacre ne dura que quelques minutes. Il y eut des cris, des bruit de chair tranchée et d'os brisés. Des hurlements de mort étouffés dans le trépas sanglant. Les patrouilleurs eurent ôté toute vie avec une vitesse incroyable...

Lorsque tous les occupants du navire furent tués et achevés pour les plus malchanceux qui n'avaient pas succombé aux premiers coups, Eïldwin remis sa lame dans son dos et il fit un signe de main à ses hommes qui se hâtèrent de quitter le navire pour rejoindre les quais. Le Seigneur Eïldwin tendis le bras vers la cabine du capitaine du bâtiment et un éclair frappa le bois pour l'enflammer. Il se retourna et un nouvel éclair vint allumer un foyer de plus à la base du mat. Il envoya un série de plusieurs éclairs ainsi, enflammant totalement le bateau qui commençait à se consumer vivement.

C'est alors qu'il reçu un message télépathique de ses hommes :


* Seigneur Eïldwin, la garde de Capua Nor arrive.
- Ils ont été plus rapides que prévus... Fuir sur nos corbeaux alors qu'ils sont si proches serait une signature que nous ne pouvons pas nous permettre. Dispersez-vous et cachez-vous dans la ville jusqu'à nouvel ordre. Nous attendrons que le calme soit revenu pour retourner au manoir.
- A vos ordres. *


Alors que les patrouilleurs disparaissaient déjà comme des ombres pour se dissimulés le plus vite possible, Eïldwin se retourna vers le tas de cadavre qu'ils avaient exécutés et il lança froidement :

- Pirates : vous voilà prévenus.

Puis il disparu à son tour, laissant les flammes du bateau semer la panique et attirer les chevaliers impériaux comme des mouches...
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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Dim 6 Juin 2010 - 1:27

[HRP: finalement, j'ai pas pu résister: il a fallu que je me relève pour poster. ^^; ]

____________________________________________________


C’était le petit matin, et les dernières volutes de fumée se dispersaient dans l’air au-dessus du port de Capua Nor. L’incendie aurait intégralement calciné le navire si la brigade d’intervention anti-feu n’avait pas réagi aussi rapidement. Dans un port comme celui-ci, où les bateaux en bois voyaient leurs mats se dresser comme autant d’arbres dans une forêt, les incendies étaient extrêmement pris au sérieux et tout était fait pour que les flammes ne se propagent pas d’un bâtiment à l’autre. Plusieurs groupes de sorciers du Collège de Magie Impérial étaient toujours prêts à agir, dotés de leurs propres petites barques à déplacement rapide. Tous liés à l’élément de l’eau, ils avaient subi un entraînement intensif spécialement centrés sur l’utilisation de leurs pouvoirs pour combattre les foyers d’incendies. L’alarme avait été à peine donnée qu’un premier groupe avait déjà fondu toutes rames dehors vers l’origine du sinistre, bientôt rejoints par plusieurs de leurs condisciples. Ils s’étaient battus tout le reste de la nuit, et ils avaient pu contenir, puis éteindre les dernières flammes. Le soleil n’avait pas encore terminé de se lever que les derniers magiciens combattants du feu, épuisés, purent enfin cesser leurs efforts et profiter d’un repos bien mérité.

Pour laisser leurs places à ceux dont le travail pouvait maintenant commencer : les chevaliers impériaux. Et pas n’importe lesquels : la nouvelle brigade inquisitoriale était présente sur les lieux du crime, avertie par les gardes du port. Depuis la disparition de son premier capitaine, Flynn Stryfe, et de ses adjoints, la brigade avait subit un remaniement complet et son nouveau dirigent était venu en personne superviser la scène de crime. Gravissant les derniers barreaux de l’échelle de corde qui flanquait la coque du navire mal en point, le capitaine de brigade Nero Alcibiade posa une botte ferrée sur le pont et jeta un regard circulaire sur les lieux. Pas spécialement grand, il en donnait pourtant l’impression ; sa stature altière et son assurance contribuaient à le rendre impressionnant, et plus d’une tête se tournait dans son sillage, éblouies par l’armure dorée, la cape émeraude et l’épée longue qui battait le flanc. De longs cheveux olive encadraient un visage sévère taillé à la serpe qui lui donnait l’impression d’un oiseau de proie féroce et perpétuellement sur le qui-vive. Dans ses yeux gris acier brillaient le feu glacial de la détermination et s’il était un mot qui convenait bien au personnage, c’était sans aucun doute le sérieux. A toute épreuve. Un sérieux qui contrastait d’autant plus avec l’humain aux cheveux verts qui le suivait, dont le sourire et les yeux plissés rappelaient la malice du renard. Le lieutenant de la brigade inquisitoriale, Lexington Baldwin, semblait toujours sur le point de faire un bon mot ou de jouer un tour pendable. Sans la grande lance qui était attachée dans le dos de son armure de cuir vert, il aurait eu l’air du simple amuseur public.

« Une première impression, patron ? »

« Lieutenant, le protocole veut que vous vous adressiez à moi avec le titre « capitaine ». Nous ne sommes pas sur les docks parmi les marins et les soudards, mais au sein de la brigade inquisitoriale. Et ma première impression, c’est que nous nous retrouvons avec un désordre sur les bras qui ne me plaît guère. »

« Et qui sent drôlement mauvais. » ajouta Baldwin en fronçant les narines à l’odeur de la chair brûlée. « Et en plus, j’ai le mal de mer. »

« Le bateau n’est même pas en train de naviguer, lieutenant, alors évitez les allusions inutiles. Et concentrons-nous sur les faits. Nous en avons, j’espère ? »

« La garde du port a été la première sur les lieux, si on oublie les combattants du feu. Ils ont sécurisé le bateau –ou du moins ce qu’il en reste- et n’ont touché à rien, comme le veut le protocole. Nos premiers gars sont arrivés il y a une heure environ, et ont réussi à identifier quelques cadavres. Il s’agissait vraisemblablement de la bande de Jack Leg, patr… moncapt’aine. »

« Je vois. » se contenta de répondre Alcibiade.

Jack Leg était soupçonné de diriger un groupe de contrebandiers qui écoulaient des marchandises sur le marché noir entre les Guildes et l’Empire. Rien de concret n’avait jamais pu être retenu contre Leg et sa bande, surtout parce que les autorités portuaires, d’un côté comme de l’autres, avaient d’autres chats à fouetter depuis la réorganisation de l’Empire comme des Guildes. Mais les contrebandiers avaient fini dans la ligne de mire de la brigade inquisitoriale… avant que quelqu’un ne se charge de leur élimination pure et simple. Nero ne pleurerait pas la disparition d’une belle tripotée de criminels, mais il n’était pas pour autant disposé à accepter qu’une justice aussi expéditive soit administrée au sein de l’Empire qu’il avait juré de servir en tant que chevalier et dirigeant du bureau des enquêtes. Il y avait des lois, il y avait une procédure, et il ne permettrait pas qu’une bande de justiciers secrets les bafouent. Nero Alcibiade croyait en la justice, la seule véritable justice : celle qui répondait à la loi et à l’ordre.

« Le gouverneur ne va pas être content. »

« Le sénateur Reynart est sans aucun doute déjà au courant de l’évènement, soyez en sûr, lieutenant. Il aime à savoir rapidement tout ce qui se passe à Capua Nor. »

Le gouverneur de Capua Nor et sénateur de la chambre du peuple, Lucien Raynart, était un homme pour qui les affaires allaient de pair avec l’ordre. Troubler ce dernier, c’était troubler les affaires, et il était bien clair qu’il comptait sur Alcibiade et sa brigade pour que ce genre d’évènements ne se reproduisent plus.

« Vous savez cap’taine, ça me trotte dans la tête depuis que nous sommes montés sur ce bateau. Ca ressemble drôlement au coup du nettoyage dans les bas-quartiers d’Héliord… »

« Et à l’affaire de la route marchande, avec les corps des bandits disposés en spectacle le long des arbres. Et à celle des pirates du fleuve. »

« On dirait que quelqu’un fait le ménage. Et on peut dire ce qu’on veut, mais il le fait plutôt bien. »

« Et cela rappelle aussi le massacre de la communauté fermière, dans les plaines. » dit le capitaine d’un ton dur, tranchant. Aussitôt –fait rare- son lieutenant perdit son sourire et une lueur mauvaise étincela dans ses yeux.

Une communauté de fermiers impériaux avait été retrouvée complètement annihilée. Les bâtiments avaient été brûlés, rasés, et les fermiers tous massacrés, leurs corps sauvagement mutilés rassemblés en tas, comme pour un avertissement. Femmes, enfants, tous. Même le bétail. Leur seul crime, à ce qu’avait pu en juger la brigade inquisitoriale, était d’avoir détourné quelques sacs de graines du convoi acheminé vers la capitale. Sans doute pour se remettre d’un rude hiver.

« C’est le même modus operandi pour toutes ces tueries, cela ne fait aucun doute. Et je commence sérieusement à me lasser des extravagances meurtrières de ces justiciers de la nuit, quels qu’ils soient. Ce n’est pas ainsi que la justice doit être administrée. Pas en attaquant en pleine nuit, dans leur sommeil, même les pires des criminels, et ce sans la moindre preuve. »

« Et en parlant de preuves, je parie qu’encore une fois ils n’en auront laissé aucune derrière eux. » commenta sombrement Baldwin.

« Nous verrons. Mademoiselle Delgado ? »

« Capitaine ? »

Une toute petite femme en blouse blanche et aux flamboyants cheveux roux émergea des décombres d’un tas de bois brûlé et se dirigea vers eux. Contrairement au reste de la brigade de Flynn, la première experte scientifique de l’Empire n’avait pas disparu dans la nature, et le capitaine Alcibiade avait très vit appris à profiter de ses talents. Elle contourna la table sur tréteaux où était disposé son équipement : fioles, bocaux et bidules en tout genre dont elle seule connaissait le secret.

« Du nouveau ? »

« Pas encore monsieur, je le crains. Je travaille aussi vite que je peux, mais c’est un boulot minutieux. Je devrais être capable de déterminer des résidus d’éléments sur les blessures de certains cadavres, du moins ceux qui n’ont pas été irrémédiablement endommagés par le feu. Il faudra que je demande à Stubborn, une fois de retour à Zaphias, si il peut recalibrer le spectromètre thaumique, mais… »

« Fascinant, mademoiselle Delgado. »

La petite femme sourit, ravie.

« Continuez, je suis certain que vous finirez par trouver quelque chose d’utile. »

C’était souvent le cas : plus d’une fois, les services de la femme s’étaient révélés indispensables dans le déroulement d’une enquête. Mais ceux qui avaient massacré la bande de Jack Leg, brûlé le bateau et commis tous les autres actes du même genre avaient toujours été très doués pour ne rien laisser derrière eux.

« Oh, j’ai peut-être parlé trop vite, tout à l’heure, en parlant de preuves introuvables. » dit soudain le lieutenant Baldwin, qui s’était penché pour examiner un cadavre de très près. On n’aurait pas cru à le voir, mais ses yeux plissés pouvaient percevoir les détails les plus infimes. Le capitaine Alcibiade ne l’avait pas choisi comme lieutenant de la brigade inquisitoriale pour son sourire…

« Regardez ça ! » sourit-il, tandis que Delgado se hissait sur la pointe des pieds pour scruter avec intérêt ce qui reposait au creux de la paume de sa main.

Il s’agissait d’un long cheveux blanc.


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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Dim 6 Juin 2010 - 19:06

Citation :
Eïldwin Windwaker

Les cinq patrouilleurs s'étaient finalement rassemblés sur un toit. Ils s'étaient cachés derrière différentes cheminées et autres morceau de structure les camouflant des potentielles sentinelles. Eïldwin méditait en silence, a genoux derrière une grosse cheminée, les yeux fermés et son capuchon relevé sur sa tête comme tous ses hommes.
Justement l'un d'entre eux observait le bâtiment calciné par Eïldwin avec une longue vue. Par précautions, ils avaient décidés de surveiller un peu leurs arrières avant de s'éclipser. Eïldwin avait-il eut une prémonition sur la tournure des évènements ? Malheureusement, ce que le patrouilleur lui annonça le conforta dans cette idée que leur fuite n'allait pas se dérouler comme prévue...


- Seigneur Eïldwin, nous avons un problème.

Le Windwaker ouvrit ses yeux et bascula un regard contrarié vers son subordonné.

- Qu'y a t-il ?
- Les chevaliers impériaux ont trouvé quelque chose on dirait...


Eïldwin se dirigea accroupis vers le patrouilleur et il lui arracha sa longue vue pour voir à son tour la mèche de cheveux blancs dans les mains d'un des chevaliers. Eïldwin serra le poing en observant l'ensemble de ses hommes, rendant la longue vue à son propriétaire.

- L'un de nous serait atteint d'une calvitie précoce ?
- Je vous demande pardon Seigneur ?
- Les chevaliers ont trouvé une mèche de cheveux blancs. Notre ADN est trop atypique pour être confondu avec celui d'une autre famille. Nous ne pouvons pas nous permettre de leur laissé cet indice.
- Mais peut-être n'ont-ils pas d'échantillon pour le comparer ?
- Et le risque mérite-il d'être pris ? Ils sont tous focalisés sur les lieux de l'incendie, c'est l'occasion de nous retirer mon Seigneur.
- Le risque est trop grand. Ce n'est pas comme si nous avions agit en cité interclan ou au beau milieu des routes. Nous somme dans une ville impériale. Nous devons effacer cette preuve à tout prix !
- Quels sont les ordres ?
- Nous allons nous poster en embuscade pour intercepter ceux qui transportent la preuve. Toi,
dit-il à celui qui avait la longue vue dans les mains, tu surveilles attentivement les chevaliers et tu ne lâches pas des yeux cette mèche de cheveux. Je veux que les trois autres se positionnent sur les toits, prêts a intervenir à mon signal. Je descend dans les rues pour une interception directe. Le but est simple : récupérer cette mèche sans faire de morts et sans nous faire reconnaître. Dès que nous avons subtilisé cette preuve, nous nous retrouvons le plus vite possible sur les quais, à l'opposé du navire que nous avons attaqué hier soir et nous nous envolerons sur le dos de nos corbeaux en raz-motte pour ne pas nous faire repérer.
- Et si jamais ils nous repèrent et nous poursuivent ?
- Il nous faudra être plus malin qu'eux. Ce qui en soit ne sera pas un problème face à de pitoyables humains.
Des questions ?
Aucune réponses... Bien, allons-y.

Eïldwin se dirigea lentement vers le bord du toit où il se trouvait pour finalement arriver au-dessus d'une ruelle. Il vérifia bien que sa capuche était bien mise sur sa tête, s'assurant qu'aucune mèche de cheveux ne s'échappe, puis il glissa contre le mur pour atterrir au sol. Il se dirigea ensuite vers les rues plus grandes pour disparaître dans la foule...

Comme il leurs fut ordonné, les Windwaker se dispersèrent tandis que le dernier surveillait la mèche de cheveux dans les mains des chevaliers sur le bateau, l'œil rivé sur l'objectif...
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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Dim 6 Juin 2010 - 22:16

« Alors ? » demanda Lexington Baldwin en se penchant par-dessus l’épaule de Delgado. La petite femme rousse était devant la table où reposaient ses ustensiles, et observait le cheveu trouvé par le lieutenant avec une grande attention à travers ce qui ressemblait à une sorte de microscope parcouru de rouages grinçant et cliquetant. De petits nuages de vapeur étaient parfois rejetés par la machine, et la scientifique passa sa langue sur ses lèvres tandis qu’elle tournait une molette. Enfin, elle rejeta la tête en arrière et put répondre au lieutenant :

« Alors je peux confirmer que c’est bien un cheveu, et qu’il n’appartenait pas à l’une des victimes. »

« Et comment pouvez-vous en être aussi sure, mademoiselle Delgado ? » demanda le capitaine Alcibiade, qui tendit un document à un soldat avant de rejoindre son second et la femme. « La plupart de ses corps sont trop brûlés pour qu’il leur reste des cheveux valables pour une comparaison ; certains n’avaient même plus de tête du tout. »

« J’en suis sure parce que ce n’est pas un cheveu humain, monsieur. »

Alcibiade leva un sourcil, intéressé, tandis que Lexington écarquillait brièvement les yeux.

« Voilà qui est intéressant, mademoiselle. Et de quelle nature est ce cheveu ? »

« Krytien, monsieur. J’en suis à nonante-sept pour cents certaine. »

« Ben ça alors ! » s’exclama Lexington, tandis que son capitaine se fendit d’un bref sourire glacé.

« Pourquoi est-ce que cela ne m’étonne pas ? A bien y réfléchir, cela a du sens. Toutes ces attaques surprises, sans jamais de témoins, ni de preuves… »

« Jusqu’à aujourd’hui. » intervint son second.

« …jusqu’à aujourd’hui. La manière dont les attaques étaient menées, puis les assaillants se volatilisant dans la nature. Les krytiens sont de fervents adeptes des créatures volantes pour se déplacer. Et certains d’entre eux sont bien assez fanatiques pour décider de massacrer tous ceux qu’ils peuvent considérer comme des brigands humains. Et cela expliquerait pourquoi de tels carnages ont eu lieu aussi bien sur notre territoire que celui des guildes. Enseigne ! »

Un jeune chevalier accourut, tendant un bloc surmonté de parchemins à son capitaine. Alcibiade s’en empara et prit la plume qu’on lui donna. Il écrivit une série de phrases brèves sur le premier papelard et le rendit au soldat.

« Faites des copies de ce message, et envoyer plusieurs messagers les porter aux différentes portes de la ville, ainsi qu’à la résidence du gouverneur. Je veux que personne ne sorte de la cité sans avoir été contrôlé au préalable. Recherchez des krytiens aux cheveux blancs ; à ce que j’en sais, ils ne courent pas les rues. Et faites attention : si mes soupçons quant à l’origine de leurs propriétaires s’avèrent exacts, ce sont des êtres dangereux. Faites surveiller le ciel, également. Je veux que les patrouilleurs de la brigade fassent décoller leurs griffons dans la minute qui suit et circulent dans l’espace aérien de la ville. »

L’enseigne s’attela aussitôt à la tâche, et plusieurs messages furent copiés avant de prendre le chemin qui peur était désigné. Quelques minutes plus tard, les premiers griffons prenaient leur envol, volant en cercle au-dessus de la ville tandis que la garde était doublée à chaque coin de rue et chaque sortie terrestre.

« Le gouverneur –le sénat tout entier- ne va pas aimer ça. Contrôler ainsi tous les krytiens…»

« Nous ne sommes pas des brutes, lieutenant, les contrôles seront effectués dans le calme. Et je m’expliquerai avec le sénat plus tard : si les auteurs de ce massacre ont été assez imprudents pour rester dans le coin, il y a peut-être une chance pour qu’ils ne puissent plus passer à travers les mailles du filet. C'est entre autre pour cette raison que toutes les preuves resteront avec nous sur le bateau jusqu'à ce que j'estime que cela ne soit plus nécessaire. Mademoiselle Delgado, autre chose ? »

L’experte scientifique de la brigade était maintenant étrangement accoutrée, portant sur le dos une sorte de grosse machine compliquée composée en partie de deux gros sabliers en verre. Le sable multicolore tournait comme un fou à l’intérieur, et l’engin était relié par deux tuyaux à un autre appareil plus petit qu’elle portait sur l’avant bras. Il s’agissait d’une sorte de disque au bout d’une tige de métal qui vibrait étrangement dans l’air et qu’elle agitait devant l’énorme paire de lunettes qu’elle avait sur le nez, des lunettes étranges au verre teinté.

« Le spectromètre thaumique réagit, ça c’est sûr. Il capte les particules résiduelles de mana, mais entre nos auras et tous ceux qui sont passés par ici, c’est difficile d’isoler ce qui nous intéresse. Néanmoins, je l’ai longuement passé sur les cadavres, et un élément de mana prédomine : il y a des émanations de mana de lumière, de foudre je pense, condensé sur plusieurs blessures. Normalement, les relents de mana ne restent pas concentrés ainsi aussi longtemps, mais la personne qui les a émis doit posséder une très grande force spirituelle… »

« Avec toutes ces percées schentifiques et magiques depuis que le Collège de Lucius Gray collabore avec le département d'ingénierie de monsieur Stubborn, notre boulot se voit offrir de plus en plus de coups de pouces. Dommage qu’on ne puisse pas fabriquer ces trucs en série, et en plus petit. On pourrait balayer les foules avec, repérer la source. »

« Monsieur Stubborn travaille déjà à un nouveau concept de l’appareil. » dit Delgado, dont le visage s’illuminait à chaque fois qu’elle pouvait parler de science. « En théorie, il suffirait de recalibrer les… »

Laissant la femme assommer son second de ses explications, Alcibiade alla s’accouder à une partie encore intacte du bastingage. Ainsi, ils recherchaient des krytiens… Alcibiade n’était nullement espéciste ; les krytiens pouvaient penser ce qu’ils voulaient de l’Empire ou des humains en général, cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Ce qui le mettait en colère, c’était que des krytiens décident de donner leur propre justice sur un territoire qui n’était pas le leur. Ce qui le mettait vraiment en colère, c’est qu’ils avaient au milieu de toutes leurs attaques tué des innocents. Et ce qui était vraiment à deux doigts de le mettre hors de lui, en bonne extension vivante de la justice et de la loi qu’il était, c’était qu’ils n’avaient respecté aucune de ces deux entités.

Des krytiens, dont au moins un aux cheveux blancs et puissant dans la lumière. Et bien la lumière, Nero Alcibiade, ça le connaissait : c’était son élément à lui. La lumière pure, et non la foudre ou ses dérivés. Il était une lame de lumière dans ce monde noir, un éclat de justice et le dirigeant de la brigade inquisitoriale. Et comme tous ses membres, il avait suivi un entraînement rigoureux dans la détection d’aura. Et il avait poussé son développement à son paroxysme. Il était un véritable fin limier. S’il tombait sur un krytien de fort dans la lumière, il pourrait le sentir. Mais il fallait d’abord le trouver, lui et ses copains, s’ils n’avaient pas déjà pris la fuite. Appuyé contre le bois du navire, le capitaine Alcibiade scrutait avec intensité le port et les rues de la ville comme si, quelque part, il avait ainsi l’impression de pouvoir finir par croiser le regard de l’un des assaillants…


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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Dim 6 Juin 2010 - 23:04

Citation :
Eïldwin Windwaker

* Seigneur, ils ne bougent pas du navire...
- Seigneur, ils ont déployés des unités volantes !
- Seigneur, ils contrôlent les krityens aux portes de la ville !
- Eïldwin, nous devrions fuir pendant qu'il en est encore temps. Ils nous cherchent activement : c'est certain.
- Fuir ? Ça serait indigne des nobles Windwaker ! Nous sommes les patrouilleurs ! Les terreurs du clan du vent maudit ! Craint par les nôtres eux-même ! Nous n'avons aucune raison de fuir.
- Nous ne nous échapperons pas sans être obligés de tuer ceux qui se mettrons en travers de notre chemin. Est-ce vraiment ce que tu veut ?
- Depuis quand discute-tu les ordres de ton supérieur hiérarchique ?
- ...
- Je crois que nous n'arriverons pas à empêcher l'information de circuler. Nous allons changer de tactique. Il nous faut supprimer la preuve qu'ils possèdent. Nous pourrons ainsi plaider la calomnie ou le mensonge une fois qu'ils serons dépourvus de preuves.
- J'envoie un jarqui dans la mèche de cheveux ?
- Non ! pauvre idiot ! Seul le clan Windwaker utilise encore des jarqui ! Ça serait une signature plus flagrante encore.
- Que propose-tu ?
- Hum... Il faut faire diversion. Semez la panique dans le quartier le plus loin possible des docks afin d'attirer leur attention. Ne vous faites pas prendre. Le but est que je puisse approcher suffisamment pour griller la mèche de cheveux. Il ne faut pas se leurrer cependant : nous nous engageons ensuite dans une course poursuite où la fuite sera difficile.
- Le plan d'évasion ne change pas ?
- Vu que leurs griffons ne font que des cercles au-dessus de la cité, si nos corbeaux se fondent dans l'ombre en rasant l'écume, nous pouvons compter sur l'effet de surprise pour que les griffons ne puissent pas nous rattraper. Toute la difficulté réside dans le fait d'arriver le plus vite possible au point de rendez-vous.
- Très bien. Nous partons faire diversion.
- Je continue de surveiller la cible.
- Et couvre moi au jarqui. On ne sait jamais...
- Avez vous réellement besoin de couverture Seigneur Eïldwin ? *


Le grand krityen sourit dans son capuchon au milieu de la foule à la réflexion de son subordonné puis il commença à se mouvoir de nouveau vers les docks. Il prenait bien soin d'éviter tout chevalier impérial qui croisait sa route...

Lorsqu'il arriva enfin près du bateau calciné, il se plaqua dans une ruelle sombre et il commença à analyser la situation...

* * *

Au marché de Capua Nor, on ne parlait que de l'incident aux docks. Les rumeurs se propageaient trop rapidement. Ainsi, on savait déjà qu'on cherchait des krityens aux cheveux blancs, ce qui une fois déformé donnait de drôles d'histoires...


- Il paraît que le bateau a été brûlé par le feu de l'enfer ! Ce sont les démons blancs qui sont venus l'apporté pour punir ceux qui s'y trouvaient. On dit que c'était des marchand d'esclaves ! Heureusement qu'ils sont morts.
- Ce ne serait pas plutôt des anges blancs pour avoir punis ainsi de tels monstres ?
- Mais arrêtez de raconter n'importe quoi ! C'était une bande de mercenaires payés pour tuer ces pauvres honnêtes gens !
- Honnêtes gens ?
- Oui, à ce qu'on dit c'était juste un marchand jaloux de leur réussite qui a payé les mercenaires pour les éliminer.
- Moi je pense plutôt que le marchand il s'est payé les services d'un mage noir qui à invoqué les forces du mal.


Et ce n'était que des discussions comme ça sur la place.
Et alors qu'ils se chamaillaient pour avoir la version de l'histoire la plus crédible ou la plus impressionnante, trois silhouettes noires encapuchonnées entrèrent sur la place par les trois rues qui donnaient vers celle-ci. Les trois silhouettes se regardaient de temps en temps tout en avançant...

L'un des trois Windwaker se plaqua derrière une charrette et il sorti un jarqui, un petit croissant de lancer en métal typiquement Windwaker. Il plongea ensuite sa main dans une bourse à sa ceinture et la ressortie imbibée d'huile. Il enduit son jarqui de cette huile avant d'essuyer sa main sur ses vêtements.
Un autre attrapa une hachette de lancer et jongla avec dans une petite ruelle, prêt lui aussi. Le dernier retira doucement son épée longue de son fourreau...

Il y eut un échange télépathique entre les trois krityens.

Le premier envoya sa hachette à travers la foule. L'arme siffla en passant entre les corps des humains qui ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait. L'espace d'un instant, un marchand de volaille vit sa vie défiler devant ses yeux en voyant le projectile foncer vers lui. Mais la hachette ne fit que le frôler pour finalement décapiter un poulet déjà mort suspendu derrière le marchand. Celui-ci tomba dans les pommes alors que les premiers cris furent poussés.
Le second hurla alors en rentrant dans le tas. Sa capuche glissa et il commença à donner volontairement des coups d'épée dans tous les sens, détruisant tout sur son passage sauf des vies.
Enfin, pour pousser la panique a son maximum, le dernier patrouilleur enflamma sa main dans laquelle il tenais le jarqui. L'huile sur celui-ci s'embrasa et il lança le projectile qui partit comme une ombre vers une pyramide de tonneaux de rhum. Lorsque le croissant de feu explosa le premier tonneau, la pyramide vola en éclat dans une magnifique détonation, répandant les flammes partout autour d'elle.

Une autre hachette vint se planter dans une pastèque, alors qu'un jarqui vint raccourcir le chapeau haute forme d'un noble. Le guerrier qui s'était lancé dans "la mêlée" pulvérisa un étalage de plus alors que la foule perdait en densité autour de lui. Il fronça les sourcils pour voir les gardes courir vers lui : il était temps de se retirer.

Comme des ombres, les trois Windwaker bâtirent aussitôt en retraite, il commencèrent alors à courir dans diverses ruelles pour rejoindre les docks afin d'arriver le plus vite possible à leur destination. Ils avaient cependant pas mal de gardes sur les talons...

* * *

Et ainsi, l'explosion de la pyramide de tonneau résonna, faiblement, mais tout de même jusqu'à l'endroit où se trouvait Eïldwin. Il sourit : ils avaient réussi. Pourvu que ça marche...
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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Mar 8 Juin 2010 - 13:14

« Qu’est-ce que c’était que ça ? » demanda Lexington pour la troisième fois, ses petits yeux plissés pour essayer de déterminer d’où venait l’explosion qu’ils avaient entendue. La détonation avait été juste assez forte pour qu’elle parvienne au bateau, et le lieutenant se sentait à la fois curieux et inquiet. De son côté, le capitaine Alcibiade terminait d’écouter le rapport d’un chevalier de la brigade qui était venu se poser sur le pont en griffon. Il hocha la tête pour signifier qu’il avait bien entendu le messager, et le congédia d’un signe de la main. Le griffon fit battre ses puissantes ailes de plumes, et la bête et son cavalier s’envolèrent pour repartir en direction de la cité.

« Alors ? » s’impatienta Lexington.

« Des vandales auraient fait des dégâts dans une des rues principales. Des armes lancées à travers la foule, dont certaines, enflammées, qui ont fait exploser plusieurs tonneaux d’alcool. D’où la détonation. Ils se sont mis en fuite aussitôt après, la garde sur leurs talons. »

« Heu, on ne devrait pas s’en mêler ? »

« Absolument pas. La garde et nos hommes en ville peuvent se charger de cette poursuite. Et je suis quasiment certain que nous sommes victimes d’une diversion, destinée à détourner notre attention de ce qui s’est passé sur le bateau. »

« Qu’est-ce qui vous fait dire ça, mon cap’taine ? »

« Réfléchissez un peu, Lexington : de vulgaires vandales n’auraient pas agi ainsi. Les vandales sont par définition des personnes brutales dénuées de subtilités. Personne n’a été blessé. D’après le rapport de mon messager, cela ressemblait plus à grand spectacle qu’une véritable attaque. Je pensais qu’il n’y avait que peu de chances pour que ceux que nous traquions soient restés dans les environs du lieu du crime, mais il semblerait que je me sois trompé. Plusieurs d’entre eux au moins ont dû rester dans le coin ; soit pour profiter de l’effet de leurs actions, soit pour s’assurer qu’ils n’avaient rien laissé derrière eux. Et puis, une explosion mineure en ville, à ce moment précis ? Non, lieutenant, tout là-dedans crie « précipitez-vous quelque part sans regarder derrière vous ». »

« Ce que nous n’allons pas faire, n’est-ce pas ? »

« Exactement. Du moins en ce qui me concerne. Mademoiselle Delgado ? »

« Monsieur ? » répondit la jeune femme, occupée à se débarrasser de l’outillage encombrant qu’elle avait sur le dos.

« Le cheveu, s’il vous plaît. »

Elle sortit d’une poche une petite pochette, contenant le long cheveu blanc, et la tendit au capitaine. Il en sortit le cheveu, le plaça quelque part sur lui et rendit le petit sac à la scientifique.

« Je préfère conserver cela sur moi. Lieutenant, maintenant que mademoiselle Delgado a fini son travail ici, j’aimerais que vous la raccompagniez en ville, avec quelques hommes, à la résidence du gouverneur. De là, vous attendrez mes prochaines instructions. »

« Bien patron. Enfin, mon cap’taine. Euh, et vous ? »

« Je vais rester encore un peu sur les lieux avec quelques chevaliers. Une intuition. Ne vous inquiétez pas pour moi lieutenant, des amis devraient être sur le point de me rejoindre. »

« Pas de problèmes. » S’inquiéter pour son capitaine était une des dernières choses à laquelle aurait pensé son lieutenant. Non pas qu’il ne l’appréciât pas ; il doutait simplement qu’on puisse réellement causer du tort à Nero Alcibiade.

« Venez, Alya. » dit-il en souriant à la petite rousse qui terminait d’empaqueter son équipement. Deux chevaliers furent chargés de le transporter, et trois autres renforçaient l’escorte. Puis, Lexington et Delgado en tête, ils descendirent sur le quai pour traverser le port et la ville, direction le palais du gouverneur. En chemin, ils rencontrèrent deux personnages suffisamment atypiques pour être remarqués : un colosse tout en muscle et en armure cuivrée, au visage à moitié dissimulé par un heaume menaçant. Dans son dos, une gigantesque épée qui tenait plus du hachoir était maintenue à l’horizontale. Un homme grand et élancé, bien bâti –bien que moins que l’homme en armure- l’accompagnait. Il était vêtu de cuir brun, accordé à la couleur de sa barbe et de ses longs cheveux. Une hache au long manche était visible dans son dos. Il adressa un joyeux sourire à Lexington, et le lieutenant le lui rendit, amusé :

« C’est donc vous que le capitaine attendait! »

« Et oui! » répondit le lieutenant de la cinquième brigade des chevaliers impérieux, Christof Declan.

« Le capitaine Arkham et moi étions en ville quand nous avons vu un des message de ton capitaine. Jess est là aussi, De Hyacinte. Ils ont décidé de se lancer à la poursuite des vandales pendant que nous nous rendions au bateau sur la demande de ton patron. »

« Trois capitaines et lieutenants de brigade à Capua Nor aujourd’hui ? Ils ont mal choisi leur moment. Après tout ça, il faudra qu’on se retrouve à la taverne avec Jess pour boire un coup, entre lieutenants. »

« C’est toi qui invite alors. » Declan partit d’un rire communicatif, secouant la tête, puis jeta un œil à son capitaine qui l’attendait un peu plus loin. « Bon, je vais le rejoindre. Il ne parle pas toujours pas beaucoup, mais je sais quand il s’impatiente. A plus vieux ! »

Declan et son capitaine se dirigèrent vers le bateau, tendis que Lexington, Alya et les autres chevaliers de la brigade reprenaient leur route vers la résidence du gouverneur.


* * *

Les trois Windwaker qui avaient semé la pagaille en ville n’avaient pas eu beaucoup de peine à semer la garde de Capua Nor, composée de membres du guet et non de chevaliers impériaux. En s’engouffrant dans les ruelles, et avec leur savoir-faire, ils ne pouvaient guère être inquiétés. C’était en tout cas ce qu’ils devaient penser, du moins jusqu’à ce que le premier d’entre eux se retrouve soudain bloqué dans une ruelle étroite, comme s’il avait heurté un mur invisible. En y regardant de plus près, ses deux compagnons et lui purent voir qu’il était pris dans la toile d’une sorte de fil pratiquement invisible, à la fois souple comme de la ficelle et dur comme l’acier, qui entravai les mouvements du krytien de tête.

« Ce sont donc bien des krytiens qui s’amusent à semer le désordre chez nous. » dit une voix, mélodieuse et agréable. Celui qui avait parlé sauta du toit où il se tenait et se retrouva derrière les krytiens. Il s’agissait d’un humain d’une trentaine d’années, aux traits fins et élégants. Ses yeux bleus se découpaient sur une peau pâle et délicate, encadrée par des cheveux bruns qui se prolongeaient en deux mèches sur l’avant. Il portait une sorte de manteau et pantalons bouffants blancs, décorés de plaques dorées et de cordons colorés qui rappelaient les habits des grands nobles de Zaphias. Mais malgré son apparence raffinée, sa tenue sans doute hors de prix et son sourire bonhomme, il émanait de lui quelque chose de dangereux, une puissance réelle. De l’autre côté de la ruelle émergea un second personnage, une jeune femme humaine aux longs cheveux blonds et aux formes délicates vêtue d’une tunique bleue décorée de dentelle blanche. Elle tenait une rapière à la garde artistiquement ouvragée à la main. L’homme, lui, semblait sans arme jusqu’à ce que l’on remarque les fils enroulés autour de ses doigts, de la même facture que ceux dans lequel s’était précipité le premier Windwaker.

« Je suis sir Janus De Hyacinte, capitaine de la deuxième brigade des chevaliers impériaux. Et la délicate demoiselle que vous pouvez apercevoir en face n’est autre que mon lieutenant, lady Jessica D’Anvers. »

De Hyacinte souriait toujours, ses yeux bleus étincelant plus fort tandis qu’il posait la question suivante :

« Qu’allons-nous diantre bien pouvoir faire de vous ? »



____________________________________________




Capitaine de la cinquième brigade, Symon Arkham




Lieutenant de la cinquième brigade, Christof Declan




Capitaine de la seconde brigade, sir Janus De Hyacinte




Lieutenant de la seconde brigade, lady Jessica D'Anvers


"Le chaos l'emporte toujours sur l'ordre parce qu'il est mieux organisé." Terry Pratchett




______________________
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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Mar 8 Juin 2010 - 18:12

Citation :
Eïldwin Windwaker

* Seigneur Eïldwin, nous sommes tombés dans une embuscade tendue par des gradés !
- Vous connaissez les ordres.
- Oui Seigneur.
- Seigneur, l'un des chevalier sur le bateau à camouflé la preuve sur lui...
- Ça se gâte... Je crains que nous n'ayons plus le choix...
- Seigneur ?
- Utilisez la volonté de fer.
- A vos ordres.
- A vos ordres.
- A vos ordres.
- Guetteur, pars rejoindre la position de fuite et prépare les corbeaux.
- Compris. *


Eïldwin pesta contre ses maudits humains. Ils étaient peut-être plus fins qu'il ne le pensais ?

...

Quelle absurde idée ! Eïldwin joignit alors ses mains devant son visage et ferma les yeux. Il inclina la tête vers le sol et il commença à respirer de plus en plus lentement...

* * *

Les trois krityens pris au piège ne répondirent pas le moindre mot. Celui qui était prisonnier de la toile invisible se contenta de fermer les yeux car les membres étaient paralysés. Les autres imitèrent Eïldwin. Ils fermèrent les yeux et inclinèrent la tête.

Un silence de mort régna alors dans la ruelle. Les trois krityens semblaient figés. Une bourrasque de vent siffla alors.

L'ensemble des trois patrouilleurs ouvrirent les yeux en même temps. Leurs pupilles étaient dilatées au plus haut point. Leur teint était devenu livide et leurs visages n'arboraient plus la moindre once d'expression ou de sentiment. Ils étaient tels qu'on les redoutaient : de véritables machines de guerres, robots impitoyables sous l'emprise de la terrible volonté de fer.
Ce pouvoir mythique qui avait forgé la réputation des Windwaker. La volonté de fer une fois activée transforme les Windwaker en des guerriers féroces. Ils ne ressentent ni fatigue, ni douleur, ni pitié. Ils deviennent des armes aussi froides que leurs propres lames. La volonté de fer associée a la conscience commune du réseau psychique des têtes blanches formaient ainsi une arme implacable.

Le premier retira sa capuche, dévoilant sa grande chevelure blanche. Le second fit de même en plongeant ses mains vers sa ceinture.


* État ?
- Fils a consistance élastique avec une certaine résistance.
- Nombre d'ennemis ?
- Deux.
- Danger potentiel ?
- Confirmé.
- Ordre 1 : libérer. *


Le premier lança alors en un éclair deux magnifiques jarqui enflammés qui vinrent découpés les fils qui entravaient leur frère. Ce dernier bondit en arrière pour rejoindre les autres patrouilleurs en ôtant lui aussi con capuchon. Il tira alors de sa ceinture une magnifique épée longue qui avait servit précédemment à vandaliser le marcher. Les regards froids des Windwaker toisèrent ceux qui les menaçaient.

* Formation triangle. *

Aussitôt, ils prirent une position défensive avant de sortir leurs armes respectives. Soit une grande hache à deux mains pour l'un et deux épée courtes pour l'autre. Celui qui tenait la grande hache la brandit vers l'homme qui les regardaient en disant sur le ton le plus impassible et glacial possible :

- Écartez-vous du chemin du clan du vent maudit si vous tenez à la vie. Des morts imprévues jetteraient une ombre sur "l'amitié humano-krityenne".

Mais les trois patrouilleurs se doutaient bien qu'ils seraient probablement obligés de se battre. Mais malheureusement pour leurs adversaires, si les trois guerriers aux cheveux blancs décidaient de se battre sérieusement, ils ne pourrons qu'admirer la puissance de la volonté de fer.

L'un des Windwaker observait déjà les alentours, plongeant de nouveau sa main à sa ceinture...

* * *

Le bateau calciné grinçait encore quelques fois à cause de son état. Les chevaliers épiaient les moindres détails qui auraient put leurs échapper, scrutaient les corps avant de les emmaillotés et de les emmener sur la berge. C'était admirable de voir les humains travailler ainsi comme des fourmis après le carnage d'un corbeau.

Le Capitaine Nero Alcibiade semblait attendre quelque chose...
C'est alors que soudain un éclair bleuté aussi fin qu'une aiguille mais aussi puissant qu'un coup de tonnerre résonna. Le rayon siffla , frôlant le corps du capitaine et calcinant très faiblement ses vêtements.
Mais alors que l'on pouvait croire que cet assaut avait pour but d'assassiner le capitaine avant qu'il n'ait put faire quoi que ce soit, celui-ci put voir la mèche de cheveux voler devant lui, juste devant ses yeux. La décharge avait touchée la base de la mèche et celle-ci se consuma en un instant, flottant dans les airs en disparaissant en cendres...

Naturellement, tous se retournèrent vers la source de cette attaque...
Eïldwin se tenait debout, les jambes collées, sur le bord du navire. Bien droit, le bras encore tendu vers le capitaine. La capuche de fourrure du guerrier était baissée, encadrant son crâne comme une auréole. Son regard était semblable à celui des autres têtes blanches : vide, neutre, impassible, impitoyable, dénudé de toute humanité, inspirant la frayeur glaciale aux esprits faibles. Le krityen baissa lentement son bras en toisant de ce regard si abominable le capitaine devant lui, disant alors d'une voix si plate qu'elle semblait réellement décalée au vu de la situation :


- Ne vous mettez pas en travers de la justice, stupides humains. Respectez ce que vous ne pouvez pas comprendre. La justice que vous n'êtes pas capable de faire vous même, nous, les patrouilleurs, nous le ferrons. N'entravez pas notre route, ou la vôtre se terminera en croisant la mienne.

Et sans attendre, un corbeau géant passa alors a toute allure juste derrière Eïldwin. Celui-ci s'accrocha d'un simple geste au col de sa monture pour finalement bondir sur le dos de son oiseau. Le grand oiseau noir décolla vers le ciel. Eïldwin savait ce qu'il faisait. Ils pourraient bien être autant qu'ils veulent contre lui : il était le plus puissant des patrouilleurs, le Capitaine des patrouilles noires.
Il tira sa longue épée de son dos tout en chevauchant sa monture. Il attendait de pied ferme les griffons qui allaient sans doute se jeter sur lui.

Il ne savait pas si il allait réussir à ne pas faire de victime impériale...

* * *

Ainsi, la patrouille d'Eïldwin s'est mise dans un sacré pétrin. Alors qu'ils ne faisaient qu'appliquer les lois du code d'honneur de leur clan en punissant une bande de criminel par la mort comme ils devaient le faire, l'Empire, bande d'imbéciles niais et entêtés, étaient venus faire les justes chevaliers défenseurs des droits de l'homme... Cette affaire allait forcément avoir de très lourdes répercussions politiques, et ce n'était pas forcément une bonne chose étant donné que Ségonar Andrius était tapis dans l'ombre, attendant le bon moment pour porter sa première attaque. La rupture de la paix entre les nations serait pour lui une occasion en or...

L'Empire sera-t-il asse fou pour brandir son maudit honneur des droits de l'homme et du citoyen devant le devoir que les patrouilleurs ont toujours effectué ? L'Empire va-t-il se dresser contre les protecteurs de l'ombre dans un unique but de fierté personnelle ? Les humains resterons d'éternels égocentriques, incapables de se sacrifier pour le bien du tout.
Et a cause de cela, les Windwaker furent poussé dans la faute de troubler l'ordre publique a cause de la détermination des chevaliers.

Le suspens est à son comble...
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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Mer 9 Juin 2010 - 14:31

« « Le clan du vent maudit ». Houlala, quel nom impressionnant ! Tu te rends compte ma petite Jessica ? Ces krytiens font partie du célèbre et redoutable clan des Windwaker ! Je me demande comment nous allons nous en sortir ! »

La « petite Jessica » en question ne put s’empêcher de secouer la tête, comme à chaque fois qu’elle était atterrée par le comportement de son supérieur hiérarchique. Le capitaine De Hyacinthe et elle étaient tous deux d’extraction noble, comme presque tous les membres de la seconde brigade des chevaliers impériaux. Et Jessica D’Anvers trouvait souvent que son capitaine ne faisait pas honneur à sa condition en se conduisant avec une pareille frivolité. Mais derrière son apparence de dandy agaçant, elle savait de quoi il était capable. Et c’était bien pour cela qu’elle le respectait malgré tout.

Cela dit, les trois krytiens aux cheveux blancs lui flanquaient la chair de poule. Elle n’avait pas peur, non, mais il y avait quelque chose en eux, dans leur aura, dans leur regard, qui la mettait profondément mal à l’aise. Et sut instantanément qu’ils étaient des adversaires à prendre au sérieux. Ce qu’avait également compris son commandant, qui lui adressa néanmoins un joyeux clin d’œil.

« C’est qu’ils ont soudain l’air redoutables ! De parfaits petits automates dédiés à la guerre ; voila qui promet d’être intéressant ! Je n’aurais jamais cru assister un jour à une telle méditation de combat. »

Le capitaine avait trouvé le mot juste aux oreilles de Jessica : des automates. Voilà à quoi ils faisaient penser la jeune humaine, ces trois krytiens : des machines à tuer bien huilées, dépourvues de toute émotion.

« Mais voyez-vous, bien que nous ne soyons que de pauvres humains incapable d’établir des liens mentaux comme les membres de votre espèce si éminemment supérieure… » De Hyacinthe croisa les bras devant lui vers le bas, et l’ont pou voir qu’il portait un petit anneau à chacun de ses doigts. Ils se mirent tous à étinceler tandis qu’il relevait vivement les bras en l’air, les écartant au-dessus de sa tête. De chacun des dix anneaux partait un filin semblable à ceux qui avaient brièvement piégé un des krytiens, et les fils s’élevèrent dans les airs en arrachant de large portion du sol comme s’ils avaient été les plus affûtées des lames.

« …nous avons tout de même quelques tours dans nos manches. Voyez-vous, les officiers des douze brigades des chevaliers impériaux ne sont pas de simples combattants ordinaires. Nos armes, notamment, sont toutes uniques et spéciales, liées à nous de manière indéfinissable. Ce sont des excroissances de nos corps, de nos pensées et de nos âmes. Et nous savons très bien nous en servir ! »

Il leva les bras plus haut, menaçant, éclatant d’un rire démoniaque, et fit virevolter ses mains et ses doigts dans les airs, les fils s’entrecroisant entre lui et les krytiens dans un dangereux balais qui… qui forma un figure, comme pouvait s’amuser à le faire les enfants avec des bouts de ficelles.

« Par exemple, je fais très bien le culbupain. »

Et effectivement, les fils formaient un petit culbupain, de la même taille que l’animal réel, et que le capitaine baladait au bout de ses fils comme une marionnette ou un yoyo, un air extatique sur le visage.

« Regardez comme il est mignon ! »

De son côté, Jessica refusait d’en croire ses yeux. Elle avait déjà vu son capitaine faire le pitre dans des situations qui ne s’y prêtaient guère mais là, c’était le pompon ! Elle aurait fière allure, la seconde brigade, après des trucs pareils…

« Et maintenant, la jolie noctule tonnerre ! »

Les fils volèrent en l’air, formant l’image grossière d’une chauve-souris de foudre qui crépitait réellement, de longs arcs électriques parcourant chacun des filins. De Hyacinthe se mit à courir d’un bout à l’autre de la ruelle sur quelques mètres, faisant voleter derrière lui la reproduction de noctule comme un cerf-volant. Et si les krytiens n’avaient pas encore attaqué, c’était sans doute parce que même dans leur terrible méditation de combat, ils n’avaient jamais dû assister à un spectacle aussi atterrant de la part de leur adversaire, songeait Jessica, honteuse.

« Et le clou du spectacle… »

De Hyacinthe se retourna soudain, et il y avait quelque chose de changé en lui. Son aura était soudain plus forte, et l’éclat dans ses yeux était différent. Jessica écarquilla les siens, murmura un « Oh non, pas encore ! » et, sachant à quoi s’en tenir, plongea à l’abri derrière un tas de vieilles caisses. La ruelle où ils se trouvaient tous traversait un petit complexe d’entrepôts déserts dont le gouverneur avait ordonné la démolition prochaine afin de reconstruire du neuf aux normes de sécurités.

« Voici… BRUTAL ! »

Les filins volèrent à nouveau dans les airs, s’allongeant toujours plus dans le dos du capitaine avant de revenir à la charge, propulsés en avant sous la forme du gigantesque et redoutable brutal, dont la teinte était fuchsia à cause de la couleur des fils en matière inconnue. La représentation de la créature balaya la ruelle étroite sur son passage, les filins découpant dans le bois et la pierre des entrepôts comme dans du beurre. Un formidable fracas se fit entendre tandis que plusieurs des vieilles bâtisses –toutes vides- s’écroulaient sur elle-même, faisant pleuvoir une pluie de débris et de fumée sur les lieux.

Quant aux krytiens, leur agilité leur avait certainement permis d’éviter les plus gros dommages de l’attaque-mais échaper à tous les filins et les débris sans une seule égratignure relevait du miracle- et le nuage de gravats et de poussière leur donnait l’occasion idéale de s’échapper. Comme si –la pensée folle traversa l’esprit de Jessica, à l’abri derrière les caisses- c’était délibérément ce que De Hyacinthe avait voulu provoquer, voulant ainsi éviter tout bain de sang inutile. Toussotant, elle se releva à demi pour jeter un œil par-dessus les caisses sur les ruines de la ruelle, histoire de voir si les krytiens étaient toujours là où s’ils en avaient profité pour s’en fuir. Mais ce qu’elle vit en premier ce fut son capitaine, son uniforme blanc maculé de poussière, qui jetait autour de lui des regards désolés :

« Oh la la, on dirait que j’en ai fait un peu trop, tu ne crois pas ? »



* * *


Avant même que l’éclair ne jaillisse semble-t-il de nulle part, Nero Alcibiade savait. Il avait senti l’aura de l’assaillant de plein fouet, l’identifiant immédiatement comme la même qu’Ayla Delgado avait détectée sur le bateau à l’aide de son étrange engin. Et s’il y avait une chose –parmi d’autres- dans laquelle Alcibiade excellait, c’était bien de ressentir les auras. Et de savoir jauger ses adversaires. Il sut que l’attaque n’avait pas eu pour but de le tuer, mais de détruire la preuve. Ce qui avait été exécuté de main de maître, il était bien forcé de le reconnaître. Mais cela ne lui fit ni chaud ni froid : la véritable preuve –la base et la racine du cheveu qu’il avait discrètement laissé dans le sachet de Delgado- se trouvait maintenant en sécurité à la résidence du gouverneur Raynart.

Sifflant puissamment entre ses lèvres, le capitaine de la dixième brigade des chevaliers impériaux –celle des inquisiteurs- sauta carrément par-dessus la rambarde du navire… pour être réceptionnant par un grand griffon qui passait en rase-motte au-dessus de l’eau. Un peu plus grand que les autres griffons des chevaliers qui patrouillaient au-dessus de la cité, il avait les ailes, le poitrail et la tête d’un blanc éclatant, tandis que le reste de ses plumes étaient d’un brun chatoyant mêlé d’argent. Se sanglant avec la rapidité et l’adresse d’un homme parfaitement entraînée, Nero Alcibiade était déjà prêt quand l’animal remonta en piquée à la suite du corbeau du chef des patrouilleurs. D’un geste vif et élégant, le capitaine de brigade dégaina son arme, une épée longue à la lame étincelante qui se nommait Radiance. Il fit signe aux quelques autres chevaliers montés sur des griffons qui se trouvaient dans les parages de s’éloigner, signifiant ainsi qu’il prenait les choses en main et qu’ils ne devaient pas intervenir.

« Epargnez moi vos discours de race supérieure, voulez-vous. » lança le chevalier d’une voix forte et assurée, tranchante comme un rasoir. « Votre justice n’est pas une justice. Elle n’est qu’une punition exercée sans discernement. Pour tous les criminels certes tombés sous vos coups, je ne compte pas les innocents qui ont péri et les vies gâchées. Des enfants, des vieillards. De simples fermiers aussi. Des personnes qui n’avaient pas le moyen de riposter. Vous parler d’un fameux honneur de guerrier ! »
Alcibiade fit voler son griffon plus haut et se mit à tourner autour du corbeau du krytien.

« Sur ces terres, il n’y a qu’une justice qui s’applique, et c’est celle de l’Empire que je sers. Vous l’avez bafouée, et c’est quelque chose que je ne peux pas accepter. Vous pouvez vous rendre, et acceptez les conséquences de vos actes. Ou vous pouvez vous battre ou vous enfuir, et sachez alors que je n’aurai de cesse de vous pourchasser sur notre territoire jusqu’à ce que vous répondiez de la véritable justice qui a cour en ses lieux : celle des hommes. Car il n’y a rien de plus important que la loi et l’honneur de la brigade que laquelle je sers. »

Et Nero attendit, l’épée levée, son aura de lumière resplendissant autour de lui tandis qu’il toisait le krytien du regard dur et déterminé de celui qui pensait chacune de ses paroles et pour qui l’honneur et le devoir signifiait bien plus que sa propre vie. Comme c’était le cas pour le krytiens si bien que malgré tous, ils n’étaient peut-être pas si différents l’un de l’autre.

Ce qui était sûr, c’étaient qu’ils étaient tous les deux extrêmement bornés. Et ça, personne ne pouvait le leur enlever.


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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Mer 9 Juin 2010 - 15:39

Naturellement, lorsque la poussière se dissipa, les trois têtes blanches n'étaient plus là...

Ils avaient profité de cette occasion en or pour s'échapper en faisant le moins de dégâts possibles comme l'avait ordonné Eïldwin. C'est ainsi que les quatre Windwaker sous les ordres d'Eïldwin se retrouvèrent au point de rendez-vous pour l'envol. Les corbeaux attendaient, bien droit sur le sol.
Les quatre chevauchèrent leurs montures avant de lever les yeux vers le ciel...

Eïldwin était droit et fier sur le dos de son grand corbeau en armure. Sa longue épée portée sur le flan de son corbeau au bout de sa main serrée. La fourrure autour du col du krityen oscillait sous les courants du vent qui sifflait dans le ciel. Le grand corbeau poussait quelques cris menaçants en faisant du surplace, ses ailes fouettant l'air avec force dans un bruit pesant. Eïldwin écouta les dires du capitaine qui l'avait suivit dans le ciel. Il n'avait pas changé d'expression. Son regard était toujours aussi vide, totalement sous l'emprise de la volonté de fer. Sans colère, sans haine, sans rage, sans méprise, sans pitié, sans la moindre once de ressentit, Eïldwin fixait le capitaine. Ses doigts se serrèrent un peu plus autour du manche de son épée lorsque soudain...


* Nous sommes prêt, Seigneur. *

Tout était en place. Le plan d'évasion allait donc pouvoir commencer...

* Partez devant. Rejoignons-nous à Myorzo, je dois parler au patriarche.
- A vos ordres. *



Ainsi, les quatre corbeaux décollèrent à peine, battant de leurs ailes les basses altitudes pour se jeter vers la mer en rasant les flots. Il restèrent le plus bas possible et disparurent en longeant la côte.

Il ne restait donc plus qu'Eïldwin. Largement capable de se débrouiller seul. Le leader des patrouilleurs repris sur le ton le plus plat qu'il pouvait offrir :


- Chevalier, il n'y a aucun honneur à ne pas punir le crime, quel qu'il soit. Le véritable honneur est de couper court à la prolifération de la gangrène de ce monde : le crime. Tous les crimes restent des crimes. Il n'y a pas de petits crimes, ou de grand crimes. Juste des actes à punir. La peur est le seul moyen de purifier notre Terca Lumireis. Le courroux du clan maudit inspirera une telle crainte que la criminalité disparaîtra.

Vous devriez considérer la juste cause. Votre justice est faible, dérisoire et inutile. La nôtre est intransigeante, puissante et sûre. "Si vous voulez la paix, vous devez faire le sacrifice : le prix du sang." Nous avons supprimé trop d'assassins, de tueurs en série, et d'autres personnes qui auraient sans nul doute pris la vie de plus d'innocents encore.
Réfléchissez chevalier : est-il préférable de laisser un tueur éliminer des innocents ou bien de le tuer avant qu'il n'ai fait d'autres victimes ? Nous connaissons vos lois. Mais elles sont faibles, comme l'est votre pitoyable race.

Les patrouilleurs que nous sommes avons toujours effectué notre devoir : "Supprimer toute menace de la surface de Terca Lumireis." Et vous nous devez beaucoup, chevalier. Si nous n'avions pas été là, peut-être que l'un des criminels que nous avons tué aurait tué votre mère. Qui peut savoir ?
La justice humaine n'a pas fait ses preuves aux yeux de ma brigade.

Je vous l'ai déjà dit, "Ce que vous n'êtes pas capable de faire vous même, nous, les patrouilleurs, nous le ferrons." Pour le bien de notre Terca Lumireis.


Il brandit son épée vers le capitaine et son griffon, mais il restait aussi inexpressif qu'une machine d'acier :

- Votre proposition ne m'intéresse pas chevalier. Si vous voulez que je me rende, ce sera mon cadavre que vous devrez venir chercher. Et c'est peine perdue.
Je ne vais pas fuir face à vos menaces. Mon honneur et le code de mon clan me l'interdit.

Cependant, je suis venu ici avec mes hommes pour une mission. Cette mission est accomplie. Nous battre ici et maintenant serait une erreur que nous ne pouvons pas nous permettre, chevalier. Faites honneur à votre rang, et assumez vous aussi votre manque d'efficacité dans la lutte contre la criminalité sur vos terres. Si vous faites votre devoir correctement, nos routes ne se croiserons plus...
Mais nous resterons les patrouilleurs noirs du clan du vent maudit, dont la mission est d'éliminer toute menace à la surface de Terca Lumireis.
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MessageSujet: Re: "Pirates : vous voilà prévenus."   Jeu 10 Juin 2010 - 15:41

« Ne me parlez pas ainsi de justice, krytien ! Ne vous avisez pas de me dire comment faire mon travail ! Depuis trop longtemps vous vous considérez au-dessus des lois d’autrui, depuis trop longtemps vous volez au-dessus du monde, à le « protéger » de votre manière déviante. A force de vivre au-dessus de Terca Lumireis, vous n’en faites plus partie ! L’orgueil vous a depuis trop longtemps aveuglé ! »

Nero Alcibiade avait élevé la voix, dure et froide. Il n’y avait guère plus d’émotions dans son ton que dans celui du Windwaker. Et pourtant, on pouvait en déceler une lueur, un éclat que le dirigeant des patrouilleurs avait depuis longtemps perdu.

« Vous n’êtes pas uniquement responsable d’avoir exécuté de sang-froid des contrebandiers, tête blanche. Vous êtes également coupable du meurtre d’un chevalier impérial dans l’exercice de ses fonctions. Il travaillait sous couverture, s’était infiltré dans la bande de Legg et devait nous mener jusqu’à leur filière. Et en administrant votre justice aveugle, vous avez assassiné un homme innocent qui ne faisait que son devoir ! »

Seul le capitaine Alcibiade était au courant. Il avait personnellement choisi le chevalier qui s’était infiltré, et nul autre dans la hiérarchie de la brigade inquisitoriale n’était au courant. Même pas son propre lieutenant, Lexington Baldwin. Surtout pas lui. Et maintenant, Nero Alcibiade portait sur les épaules la mort d’un de ses chevaliers, tués par un de ces justiciers bouffis d’orgueil qu’étaient les patrouilleurs. Malgré toute sa maîtrise de lui-même, le capitaine devait lutter pour ne pas se lancer à l’assaut du krytien et de verser le premier sang. Mais il savait aussi que ne serait-ce qu’égratigner un de ces krytiens à tête blanche signifierait la guerre entre leur clan et l’Empire. Une guère qu’ils ne pouvaient pas se permettre, et que Nero Alcibiade n’avait aucune envie de voir commencer par sa faute.

Parce qu’un seul clan d’individus se sentait tellement supérieur par rapport au reste de Terca Lumireis qu’il n’obéissait même pas à la cheftaine de son propre peuple, la balance des pouvoirs était irrémédiablement déséquilibrée. Et toute vraie justice immanquablement déviée. Cela rendait Nero malade, mais il n’y pouvait rien. Du moins à ce jour.

« Partez, tête blanche. Quittez le territoire impérial, vous et vos compagnons. Vous ne serez pas pourchassés cette fois-ci, mais vos crimes ne seront pas oubliés non plus. La prochaine fois cela ne se passera pas ainsi. Vous n’avez même pas pensé à l’image de votre propre peuple, mais les krytiens qui ne sont pas de votre clan n’ont finalement que peu d’importance de plus que les humains à vos yeux. Et à cause de ce que vous avez fait aujourd’hui, et de tous les autres massacres dont vous avez été responsable, le peuple dont je fais partie aura toujours de la peine à faire la différence entre le simple krytien et la créature suffisante que vous êtes. Et mon cœur saigne de voir ainsi le fossé se creuser un peu plus. »

Nero Alcibiade, capitaine de la brigade inquisitoriale, dixième brigade des chevaliers impériaux, rengaina sa lame, Radiance, et fit faire demi-tour à son griffon. D’un signe, il fit comprendre à ses hommes non loin de laisser partir les krytiens. Il piqua vers le bateau, où le massif capitaine en armures, Arkham, et son lieutenant l’attendaient. Et le cœur à l’orage, Nero Alcibiade se préparait à annoncer une bien terrible nouvelle à celui qui lui avait toujours été le plus fidèle.


* * *

Lexington Baldwin, lieutenant de la brigade inquisitoriale, reposa sa chope sur le coin de la table avec un soupir satisfait. Après le remue-ménage causé en ville par les krytiens, la principale taverne du port de Capua Nor était assourdie par les rumeurs et les conversations. Mais le jeune homme aux cheveux verts se sentait détendu. Le pire avait été évité : personne n’avait été tué –enfin, si on ne mentionnait pas les contrebandiers- la preuve était en sécurité et il pouvait maintenant boire une choppe en l’excellente compagnie de deux de ses amis lieutenant.

« A une journée bien remplie ! » fit-il, joyeux.

« Tu peux le dire. » commenta Christof Declan. « Des krytiens fous qui font explosés les étals, et le capitaine de Jess qui rase la moitié d’un quartier de la ville pour éviter un bain de sang. Le gouverneur a dû apprécier. »

Jessica D’Anvers rougit légèrement, de colère ou d’embarras.

« Le coin était désert et les bâtiments allaient être démolis de toute façon. Le gouverneur n’a pas trop à se plaindre. » grommela-t-elle en regardant le fond de sa choppe. Des trois lieutenants présents, elle était le seul d’extraction noble, mais elle s’était rapidement entendue avec la plupart de ses collègues. Lexington, Christof et elle formaient d’ailleurs un trio d’amis plutôt soudé malgré des chamailleries assez courantes.

« On le saura bien assez tôt, ce qu’en pense le vieux Raynart. » dit Declan en parlant du gouverneur. « Nos capitaines sont à sa résidence en train de lui résumer les faits, et la capitale sera très vite mise au courant. Et le sénat ne va pas aimer ça du tout. Je parierais ma solde là-dessus. »

Une forte toux se fit entendre à l’autre bout de la table tandis qu’Ayla Delgado reposait sa chope, le rose aux joues.

« Je… je n’ai pas l’habitude. C’est plutôt corsé. Mais la composition chimique de ce breuvage doit être passionnante ! Je me demande si… »

« Allons chère Ayla, je ne vous ai pas amenée avec nous et sortie de votre labo pour que vous vous lanciez dans une nouvelle expérience ! Mais pour vous apprendre à vous détendre ! »

Elle rouit légèrement, tandis que Declan flanquait une tape dans le dos de Lexington.

« Et Lex sait de quoi il parle, niveau détente, c’t’espèce de feignasse ! »

« Ca oui ! » renchérit Jess.

Lex éclata de rire.

« Hey, vous… »

« Lex ? J’ai… j’ai à vous parler. »

Les trois lieutenants et Delgado se retournèrent, pour voir que le capitaine Alcibiade était entré dans la taverne. Il avait l’air étrangement préoccupé, ce qui ne lui ressemblait guère, et son second sut tout de suite que quelque chose n’allait pas. Son supérieur, très à cheval sur le protocole, ne l’avait encore jamais appelé Lex.

« Bien sûr patr… cap’taine ! »

Baldwin se leva, et suivit son supérieur à l’extérieur, laissant ses amis échanger des regards curieux entre eux. Quelques minutes plus tard, quand il revint les rejoindre, il était seul. Et pâle, très pâle. Ses lèvres tremblaient, et il faisait manifestement un gros effort pour empêcher le reste de son corps de faire de même. »

« Lex, ça ne va pas ? » lui demanda aussitôt Jess, inquiète.

« Vous connaissez mon frère, Roger Baldwin. Deux ans de moins que moi, s’est engagé dans ma brigade il y a quelques mois. Le capitaine le trouvait très prometteur. De famille, il disait. Qu’est-ce que j’étais fier ! Et lui aussi, vous auriez dû le voir ! »

« Oui, un type sympa, ton frère. Cela fait quelques temps qu’on ne le voyait plus, non ? »

Lexington déglutit péniblement.

« Il était en mission d’infiltration. Seul le capitaine était au courant. Un truc facile, sans trop de risques. »

Soudain, la face de Christof Declan, le plus âgé et expérimenté des trois, s’assombrit.

« Oh non. Lex, non! »

« Il était sous couverture dans la bande à Jack Legg. C'est pour ça quôn ne le voyait plus.»

« Mon dieu ! » Jess porta une main à sa bouche. Ayla Delgado les regarda tous, puis comprit soudain.

« Ces krytiens l’ont tué. Ils ont tué mon frère. »

Aucun des trois autres ne sut quoi dire. Ayla était choquée, et Jessica et Christof, bien que connaissant leur ami depuis longtemps, assimilaient encore la nouvelle. Lexington, lui, but une gorgée de sa choppe, qu’il reposa mécaniquement sur la table. Il avait l’air exténué, comme vidé. Mais au fond de ses yeux habituellement si malicieux brûlait une lueur douloureuse, dangereuse, que ses amis n’avaient jamais vu chez lui.

« Ils l’ont assassiné. Et parce que ce sont des Windwaker, ils ont pu partir. »

Personne ne dit rien. Il n’y avait rien à dire. Car dans ces quelques mots si brefs, tout était dit.


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